Bonsoir
à toutes,
Ce soir, en me questionnant sur le sujet que je
pourrais bien aborder pour mon premier véritable billet à titre de bloggeuse, je me suis mise à penser à
mes expériences de stage et aux élèves qu’elles m’ont permis de rencontrer. Mes
réflexions m’ont ramenée au stage que j’ai vécu cet automne au sein d’une
classe en difficultés langagières. Dans ce groupe, il y avait un petit bonhomme
âgé de huit ans, qui éprouvait beaucoup de difficultés sur le plan scolaire,
mais qui possédait des connaissances informatiques impressionnantes pour son
jeune âge. Tout au long de mon passage dans sa classe, il a réussi à me
surprendre par sa maîtrise toujours plus pointue des fameuses technologies de
l’information et de la communication, mieux connues sous l’acronyme TIC. Son
aisance à utiliser tous ces logiciels m’a parfois déconcertée, mais m’a
également rendu grand service à divers moments de mon stage.
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| Source: http://www.declickids.fr/ ecrans-et-enfants-quelques-elements-de-reflexion/ |
Je vous partage cette expérience, puisqu’elle a fait
croître en moi un sentiment d’urgence par rapport à ma formation
professionnelle liée à l’intégration des TIC en enseignement. Elle m’a
également fait prendre conscience que la génération d’enfants à qui nous allons
enseigner est une génération qui a grandi avec ces technologies pratiquement
« intégrées au berceau ». D’ailleurs, cette citation tirée d’un
article de La Presse sur le sujet des technologies à l’école est, pour moi,
très évocatrice : «Dans bien des cas, la relation maître-élève est
renversée lorsque l'enfant en connaît plus que l'enseignant, ajoute M.
Karsenti. Ce sont les élèves qui deviennent les experts.» (Dion-Viens, 2006) (Pour
voir cette citation en contexte, consultez le premier hyperlien ci-dessous) C’est
pourquoi je vous pose les questions suivantes; croyez-vous qu’il est de notre
devoir, en tant que professionnelles de l’éducation, de nous mettre au goût du
jour et de nous tenir à l’affût des moindres avancements technologiques afin de
les intégrer à notre pratique enseignante? Ou, croyez-vous plutôt qu’il serait
incongru de vouloir « tout savoir » sur les plans technologique et
informatique et que nous avons parfois beaucoup à apprendre de nos jeunes
élèves…?
J’ai bien hâte de vous lire là-dessus. Si vous le désirez,
j’ai joint à ce billet l’hyperlien qui mène à un article simple, mais
intéressant qui présente les résultats statistiques d’une étude sur le sujet
réalisée auprès de jeunes britanniques. Je vous laisse en vous disant que, pour
ma part, je crois que la clé d’une pédagogie efficace serait un simple mélange
des deux; savoir se remettre en question et se perfectionner en tant
qu’enseignante et savoir tout autant apprendre et s’émerveiller de ce que les
enfants peuvent parfois nous faire découvrir!
Liens vers les articles mentionnés dans le billet:

Bonjour Alexie,
RépondreSupprimerTout comme toi, la maîtrise des TIC peut me rendre mal à l'aise lorsque j'arrive dans une classe où les élèves en savent certainement plus que moi. Le meilleur exemple est sans aucun doute le TBI (ou autre nom qu'on peut lui donner). Dans mon stage 3, mais aussi dans les journées de suppléance que je fais, il m'arrive de vouloir utiliser le fameux TBI et je dois à chaque fois demander aux élèves de me venir en aider. Peut-être y a-t-il une manière unique de l'utiliser, mais dans chaque classe, le système est différent. Je viens complètement mélangée et j'ai l'impression de perdre de la crédibilité face aux élèves. Ils doivent tellement se dire « Mais d'où elle sort ? » C'est à partir de là que je ressens aussi l'urgence d'avoir la formation en TIC. Ton sentiment est certainement partagé par plusieurs autres étudiantes. J'ai beau vouloir apprendre de manière autodidacte en regardant un TBI, mais une formation claire et précise serait très appréciée.
Il n'y a pas que le TBI que me met dans cette situation, mais tous les autres outils dont disposent les élèves, par exemple, WordQ. Est-ce que quelqu'un pourrait clairement m'expliquer ce que c'est ?
J'ai beaucoup aimé lire ton billet, car il est représentatif de ma réalité
Audrey
Salut Alexie!
RépondreSupprimerSi tu savais comme j’ai la même préoccupation que toi! Pour ajouter à mon insécurité, disons que je ne suis pas la plus habile en ce qui a trait aux technologies de l’information et de la communication (TIC).
En regardant sur le Web, j’ai trouvé un article de Patrick Giroux de l’Université du Québec à Chicoutimi. Sur son blogue, il exprime l’importance de la formation aux TIC à l’université. Un des points mentionnés m’a beaucoup interpellée, soit le fait que « la majorité des pays ont attribué aux enseignants la responsabilité de former aux TIC à l’école en inscrivant cette compétence dans leur programme de formation. Or, les futurs enseignants manquent de compétences à l’égard des TIC » (Giroux, 2013). À la suite de la lecture de cette affirmation, je ne peux qu’affirmer le fait que nous, futurs enseignants, sommes trop peu préparés aux niveaux théorique et pratique en ce qui a trait à l’utilisation des TIC. Comment expliquer, devant tant d’anxiété de la part des enseignants, que la formation des maitres ne propose qu’un seul cours durant tout le parcours universitaire?
Pour répondre à ta question, je crois qu’un enseignant ne peut tout savoir, surtout en ce qui concerne les TIC, puisque leur évolution est trop rapide. À mon avis, il est avantageux, à un certain niveau, que les élèves puissent nous démontrer leurs connaissances et leurs compétences en agissant à titre d’experts. Or, comme il est mentionné dans le blogue de M. Giroux, « qui va apprendre à ces jeunes comment bien utiliser les TIC? Quelqu’un doit le faire, sinon ils vont apprendre à utiliser les réseaux sociaux, le Web et les TIC seuls, sans encadrement… C’est la recette d’un désastre! » (Giroux, 2013). Pour éviter une telle conséquence, je crois qu’il est tout à notre avantage de tirer profit de l’expertise et de l’expérience de nos élèves afin de les observer et d’apprendre par imitation. N’est-ce pas ce que font les élèves chaque jour?!
Également, comme il est mentionné dans la réflexion pédagogique « Intégration des TIC par les enseignants : premiers résultats d’une enquête suisse » (disponible à l’adresse suivante : http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/19/43/76/PDF/akkarHeer.pdf), peu de recherches ont fait l’analyse de l’importance de la formation des enseignants concernant l’utilisation des TIC, puisque celles-ci se sont plutôt penchées sur les avantages de leur usage (Heer & Akkari, 2006). Il serait intéressant de constater les changements apportés à la suite de la divulgation des résultats d’une recherche en ce sens.
Une question demeure toujours : Comment adapter nos activités en fonction de nos élèves grâce aux TIC si nous devons, préalablement, nous adapter nous-mêmes à ces technologies?
Blogue de M. Giroux : http://pedagotic.uqac.ca/?post/2013/12/03/Défendre-la-formation-aux-TIC-à-l-Université%21
Je te laisse ces petites phrases trouvées sur le Web concernant le fait que l’élève dépasse parfois l’enseignant: « Il faut savoir gérer la surcompétence et l’émancipation; certains élèves exceptionnellement doués risquent bien d’en savoir plus sur le sujet étudié que le maitre responsable du projet. Savoir le reconnaître, c’est laisser l’élève découvrir d’autres qualités de l’enseignant que le fragile avantage du savoir. D’autre part, plus le projet avance, plus les élèves deviennent autonomes, c’est-à-dire qu’ils ont de moins en moins besoin du maitre. Or, on sait à quel point la motivation de l’enseignant est faite de la richesse de cette relation pédagogique qui s’atténue au fur et à mesure qu’elle porte ses fruits… Il faut savoir l’accepter et le gérer comme un succès… » (http://tecfa.unige.ch/perso/lombardf/calvin/YRE/yre_a_genve_thot.html)
RépondreSupprimerBonjour Alexie,
RépondreSupprimerJ'ai bien aimé ton feuillet et je trouve qu'il fait ressortir un point très important. Crois- moi, tu n'es pas la seule à te sentir dépassé par les élèves en ce qui concerne les TIC et j'avoue que mes inquiétudes ressemblent beaucoup aux tiennent. Il est vrai que de nos jours les enfants sont en contact avec la technologie dès leur jeune âge et qu'ils en savent beaucoup plus que nous. Je me demande aussi à quel point cela est bon. Ce qui me préoccupe le plus dans cet accès si jeune à l'utilisation des TIC, ces que ceux-ci prennent de plus en plus de place et que les jeunes en viennent a ne plus savoir faire certaines choses qui font partie de leur quotidien. Ces en lisant l'article La technologie a-t-elle un effet néfaste sur nos jeunes? que j’ai vraiment pris conscience de la place qu’occupait la technologie auprès des jeunes. Une des statistiques qui m’a le plus fait réfléchir dans ce texte, ces celle ou l’on dit que « 67 % des enfants savent faire fonctionner un lecteur DVD. En revanche, seuls 55 % des enfants savent nouer des lacets ». Si tu es intéressée à avoir d’autres statistiques toutes aussi frappantes les unes que les autres sur l’influence des TIC en bas âge je te laisse le lien du texte.
Référence : http://fr.canoe.ca/techno/materiel/archives/2012/03/20120313-120615.html . Canoe.ca techno, publié le 13-03-2012
Ayant nous-mêmes grandi dans ce monde rempli de technologies, je ne m’étais jamais vraiment inquiétée à l’idée d’intégrer les TIC dans mon enseignement. Cependant, j’ai commencé à être moins confiante en entendant parler à l’Université de tous les différents logiciels et outils utilisés en classe qui m’étaient inconnus. Malgré tout, j’ai réalisé lors de mes stages et de mes journées de suppléance que les enseignants actuels s’y connaissent souvent moins bien que nous sur les technologies et pourtant ils arrivent à se débrouiller.
RépondreSupprimerCe monde technologique est en constant mouvement, mais nous faisons partie de cette réalité et nous en savons beaucoup plus que nous le croyons. Il est certain qu’il y a des outils et logiciels spécifiques qui sont utilisés seulement en contexte de classe, mais alors il y en a tellement qu’il me semble impossible d’en faire le tour en un seul cours de TIC. Il faut alors en prendre connaissance au fur et à mesure que nous avons à les utiliser. En quittant l’Université, nous nous ne retrouvons pas seul et sans outil : différentes formations nous sont offertes par les commissions scolaires pour se tenir à jour.
Aussi, en lisant le programme de formation de l'école québécoise (ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, 2006), on comprend que nous devons montrer aux élèves les différents usages possibles des technologies et comment les utiliser dans différents contextes. Lors de mon dernier stage, les élèves étaient surpris de savoir que nous pouvions apprendre à l’aide du tableau numérique interactif alors qu’ils croyaient que c’était seulement pour regarder des films. Il faut leur faire comprendre que les technologies sont utiles pour apprendre et non seulement pour jouer. En fait, nous utilisons déjà les TIC dans le cadre de notre formation universitaire, nous devons donc partager leurs avantages et leurs risques aux élèves.
Référence:
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. (2006). Programme de formation de l’école québécoise : éducation préscolaire, enseignement primaire. Repéré à http://www1.mels.gouv.qc.ca/sections/programmeFormation/pdf/prform2001.pdf